Association des Amis de l'Université de Lyon

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lundi 18 septembre 2017

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LE PAYS BASQUE DE BIARRITZ A BILBAO, Colette Cotillon


Avec ses sept provinces, dont quatre en Espagne, le Pays Basque doit davantage son identité à sa langue (euskara), sa culture et ses traditions qu’à ses limites géographiques qui l’enferment dans un cadre touristique exceptionnel.
Belles plages sableuses, air vivifiant et sources minéralisées des collines et montagnes pyrénéennes ont, dès le XIXème siècle, attiré des curistes et des célébrités du monde entier.
L’engouement du couple Napoléon III – Eugénie pour Biarritz explique l’essor qu’a connu la ville à la Belle Époque. Des villas somptueuses et des bâtisses monumentales (Édouard VII, Cyrano, casinos, villa Belga) à l’architecture extravagante (donjon, tourelles, créneaux, etc…) associant parfois tous les styles (néogothique, néoclassique, néobasque, néobaroque, art déco, etc…) nous ont rappelé la vie mondaine de ces années. Le rocher de la Vierge pétri de nummulites oligocènes, la grande plage et ses rouleaux déferlants que défient les surfeurs ont été d’agréables promenades.
Cette architecture se retrouve souvent teintée de style haussmannien à San Sebastian (palais Cristina avec bow-windows). De belles maisons anciennes ont retenu notre attention à Saint-Jean-de-Luz (maison Louis XIV et palais de l’infante, XVIIème et XVIIIème siècles), à Saint-Jean-Pied-de-Port (maison Arcarizola, XVIème siècle ; prison des évêques, XIVème siècle) et dans beaucoup de villages où les bâtisses typiquement basques avec leurs murs blanchis à la chaux, leurs volets et leurs pans de bois rouge sang ou vert sulfate de cuivre encadrent la place principale avec son fronton (pour la pelote), l’église, la mairie. Souvent, les colombages dans la Basse Navarre sont remplacés par des grès roses de la Rhune (Saint-Étienne de Baïgorry). A Espelette, des grappes de piment rouge les égaient.
Les églises sont remarquables par leur intérieur richement décoré. Dans le chœur parfois surélevé, le retable baroque étale ses ors sur les colonnes torses, les angelots, les statues. Il est majestueux à Saint-Jean-de-Luz où fut célébré en 1660 le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse. Des galeries en bois sur un, deux ou trois étages réservées autrefois aux hommes, et parfois un bel orgue complètent le mobilier. Des dalles funéraires s’observent souvent dans le chœur. A La Bastide Clairance, elles constituent le sol du préau couvert qui entoure l’église. De nombreuses et belles stèles discoïdales aux inscriptions et symboles témoins de rites funéraires sont rassemblées dans le cimetière d’Arcangues où repose Luis Mariano.
Cernée par les vestiges des remparts de la vieilles ville et pointant ses trois flèches (deux sont récentes) au-dessus de l’Adour et de la Nive, la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne (XIIIème – XVIème siècles) est un exemple d’art gothique rayonnant avec une influence champenoise (chœur et déambulatoire). De beaux vitraux Renaissance restaurés dans la voûte de la nef centrale, des peintures dans de nombreuses chapelles, ont été remarquées. Le cloître (XIVème siècle) aux belles proportions avec ses trois galeries, ses baies et ses tombeaux est du style gothique flamboyant.
Avec la réhabilitation des berges du Nervion, la tour Iberdola et le musée Guggenheim, Bilbao est un exemple de ville dynamique qui a su réagir aux crises économiques. Construit comme un paquebot géant par Frank Gehry, le musée surprend par sa conception : des pans verticaux en pierre jaune, des surfaces courbes recouvertes de plaques de titane aux teintes changeantes avec la lumière et de grands espaces vitrés forment le corps de la bâtisse. Avec son exposition « La matière du temps », Richard Serra nous surprend par de gigantesques plaques d’acier patiné entre lesquelles nous avons déambulé. Celle de Yoko Ono et son art conceptuel est aussi étonnante.
De la visite guidée du château d’Etchanz (XIème et XVIème siècles), nous avons aimé son cadre verdoyant et son escalier médiéval en fer forgé. Celle de la villa Arnaga de style néobasque construite à Cambo-les-Bains selon les directives d’Edmond Rostand où, parmi les nombreuses pièces, nous avons apprécié le hall décoré par Hélène Dufau ouvert sur les jardins à la française d’un côté, et à l’anglaise de l’autre, le studio des enfants (dont Jean le biologiste) orné de toiles peintes représentant des scènes de vieilles chansons françaises. Son modernisme intérieur surprend.
L’écomusée Jean Vier et le musée basque de Bayonne regroupent les témoins des valeurs artisanales et traditionnelles de ce pays : meubles spécifiquement basques (banquettes-tablettes, armoires-commodes), fabrication des bérets, des espadrilles, de bâtons de marche (makilas), de gourdes en cuir, élevage des brebis manech à tête noire ou rousse. Le pottok (petit cheval) a été vu en liberté sur les flancs de la montagne de la Rhune (905 m) lors de son ascension en petit train à crémaillère ; le point de vue y est exceptionnel.
Nous avons apprécié le fromage de brebis, le jambon de Bayonne, le piment, le gâteau basque, l’Izzara, le cidre, les vins. Toutes ces valeurs sont symbolisées par le drapeau et la croix basques omniprésents.
Avec son arrière-pays si riche en traditions et si diversifié par ses paysages, le Pays Basque a cette douceur de vivre qui a fait dire à Victor Hugo : « Qui a vu le Pays Basque veut le revoir, c’est une terre bénie ».
Nous remercions vivement le général Aubry et Jean-Marc, notre sympathique et intéressant guide, pour la réussite de ce beau séjour.

Colette Cotillon

vendredi 19 décembre 2014

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